Les Feux de l’amour et du hasard

Vous vous souvenez de Marivaux.
La sortie théâtre au lycée.
L’oral du bac français.
Tout cela doit vous sembler (un peu) lointain, quelques réminiscences de répliques en vieux français.
Et si finalement vous n’aviez jamais cessé d’en écouter, sans le savoir ou sans vous en rendre compte ?
Si si, et même dans votre petite lucarne, car depuis la Grèce antique les meilleures histoires ont été d’abord jouées sur scène.
C’est l’expérience que propose d’expérimenter la troupe de la Comédie presque française, qui a été fondée en 2017 sur la chaîne Comédie +. Cette drôle d’institution a pour vocation de rendre un hommage décalé aux grands classiques du patrimoine théâtral français et international.
Comment ? Simplement en calquant les dialogues du dramaturge des lumières dans l’univers des soap opéra américains.

Oui,  ces feuilletons qui se déroulent sur trois générations, qui sont produits à l’économie avec des acteurs qui n’ont jamais réussi à percer au cinéma (Sauf pour Justin Hartley. C’est l’exception qui confirme la règle).
Le pire, cela fonctionne très bien, impeccable, seul le vocabulaire donne un peu de consistance au vertige de l’anachronisme. L’intrigue, inventée par l’impertinent du XVIII siècle pour dénoncer les faux semblants des conditions sociales où le maître se fait passer pour le valet pour mieux connaître sans fard sa promise, se pare ici des atours rococos d’une fausse Californie, perdue entre Dallas et les roman-photos des seventies. Le tout scandé par les incursions dans les dessous des tournages quand les acteurs tombent, à leur tour, les masques de leur rêve sous les spots éphémères d’une renommée kitsch à l’abri des décors en carton. 

 

Un grand moment de comédie avec le grand écart parfait.

Rien de bien sérieux.

Nul doute que monsieur de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux aurait apprécié.

Les feux de l’amour et du hasard
au théâtre Le Palace,
les lundi et mardi à 20h30

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