After d’Anna Todd, l’après Fifty Shades of Grey ou le futur de la littérature ?

Capture d’écran 2015-01-23 à 15.43.53Je crois que la presse appelle cela un « roman phénomène ».
Jusqu’à présent je réduisais cela à une certaine paresse journalistique pour décrire tel ou tel ouvrage attendu de la rentrée littéraire.
Un artifice de titraille.
Cela impliquait en gros qu’il conjuguait un réel engouement populaire, pour le plus grand bonheur de l’auteur et de son, ou ses, selon les pays,  éditeurs, avec une supposée dimension « sociologique ». Il devenait le symptôme d’une génération (Salinger), d’un mouvement (le cyber-punk et les geeks), voire d’un créneau, par exemple le SM –très soft- de Fifty Shades of Grey).
Justement, dans la foulée de ce dernier,  j’ai accompli mon devoir de public ciblé – jeune, mais si !, dynamique, cultivée et ouverte d’esprit- et j’ai dévoré After d’Anna Todd, ce succès sorti du Web et du site Wattpad.
Rien de révolutionnaire.
Une histoire d’amour passionnelle, torride, entre une jeune fille sage et un homme fascinant. Cela ne vous rappelle rien ?
Je suis même presque sûre d’avoir vu un film avec Marlon Brando en noir et blanc dans la même veine 😉
C’est sympa, il ne faut pas se le cacher. Si vous  enchainez ensuite, comme moi, en vous  plongeant dans le volume 2 disponible sur le fameux site Wattpad, votre vocabulaire coquin en anglais et en gros mots a dû sensiblement progressé.
Car finalement l’aspect le plus « novateur » à mon sens, si j’ose dire, réside dans la découverte de ce procédé étonnant, ou loin de tuer le papier, le Web ouvre un nouvel espace d’écriture, qui peut donc ici déboucher sur du concret, pages blanches constellées de mots imprimés vintage, un beau bouquin très lourd dans le sac lors des trajets en RER.
Tout le monde peut lire gratuitement ce livre pourtant.
Il parvient malgré tout à quitter le virtuel pour se répandre dans les librairies. Ce mécanisme, dont l’ampleur ne peut se résumer à ma propre fainéantise, et celle des Français en général, à m’approprier convenablement la langue de Shakespeare, en dit long sur notre époque.
Nous aimons  nos baladeurs numériques, mais jamais il ne s’est vendu autant de disques vinyles. Dans ce paradoxe s’expriment les attentes contrastées d’une génération prise entre le print et le 2.0. Il manque juste pour le moment un peu plus de talent pour que cela devienne vraiment conséquent et… significatif !

 

After
Hugo éditions

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3 commentaires

    1. ça se lit en effet très très bien 😉
      en revanche, je viens d’apprendre que l’histoire était inspirée d’un des membres du groupe One Direction, que je ne connaissais pas il y a encore quelques temps. Espérons qu’il endossera son rôle au cinéma !

  1. Ah After, c’est qu’on en parle pas mal sur le net mais je ne me suis pas encore plongée dedans. Je me demande si je peux me le trouver à la médiathèque ^_^ J’irai y faire un tour cet après midi!

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